Reprise d'Entretiens....
X: Darcy, un long silence....et vous me barbouillez négligé comme baclé :-). Vous avez évoqué une vie dispersée!
Darcy: Oui dans ses centres d’intérêt et d’attraction, des observations qui m’éloignent de l’écriture, de l'application picturale et nos entretiens...
X: Quels sont donc ces sujets d’observation qui vous rendent presque muet?
Darcy: Pour un temps j’ai détourné mon regard de moi même, la question homosexuelle m’interpelle. Enfin plus particulièrement ces derniers temps où l’on parle beaucoup d’une identité homosexuelle, que l’on s’interroge ou s’offusque selon, de ce que le troupeau n’ait pas un comportement identitaire solidaire. Les Gays ne sont-ils donc qu’une collectivité virtuelle? commerciale presque?
X: Ah, vous m’intriguez....
Darcy: J’en arrive à penser que les GAY ne forment un groupe si distinct que parce qu’ils ont si souvent été jusqu’ici un groupe récusé.
X; Votre habituelle détestation des groupes?
Darcy: Ma préoccupation est de tâcher de caractériser exactement chaque personne, sans jamais l’étiqueter, ni le faire rentrer dans une catégorie quelconque qui devient caricaturale. L’homosexualité est un comportement. Il est intéressant de le regarder dans la vie en général. Ceci dit, il est évident que dès lors que nous cessons d’accepter les tabous de langage, et que nous regardons ce comportement comme n’importe quel autre, nous nous apercevons qu’il devient très difficile de l’étiqueter, comme il est d’ailleurs difficile d’étiqueter n’importe quoi.
X: Récusez vous donc la notion d’identité “Gay”?
Darcy: En quelque sorte oui, je mesure que mes amis homosexuels sont très différents les uns des autres, ils ne constituent pas une catégorie, un type.
L’inclinaison de certains semble résulter d’une volonté d’échapper aux contraintes trop rigides d’une éducation, d’un milieu trop brut, une liberté, une chance de vivre une émotion sensible dans un cadre réputé plus tendre. Pour d’autres, elle semble résulter d’un idéal presque sacré de camaraderie militaire, comme une discipline d’un idéal masculin héroïque ( une forme d’ascétisme :-)) ou encore pour un autre être la jouissance d’un homme sans contrainte qui considère la vie des sens comme partie de son existence humaine et veut jouir de tout ce qui est beau à ses yeux. Plus encore pour certains, pour qui la sexualité est d’une importance secondaire, ils semblent attirés par les mœurs illicites parce qu’elles représentent une forme de révolte contre les lois et les coutumes.
Mais il ne faut pas pousser trop loin ces explications au niveau psychologique ou philosophique de ce qui est d’ordre physiologique.
Et vous notez de plus que je ne suis pas spécialiste de la question, il y a quelque chose d’approximatif et d’improvisé qui n’est pas étranger à mon tempérament ni à mon expression picturale dans tout ce propos. Cela me vaudra certainement des critiques justifiées.
X: Le sujet n’est certes pas facile...mais finalement qu’en déduisez vous?
Darcy: Je souhaiterais que la situation de l’homosexualité soit repensée. Sa condamnation a pu prévaloir à une époque où elle était liée à des conditions ethniques et sociales dans lesquelles l’accroissement numérique du groupe semblait la seule garantie de survie, et bientôt la domination sur le groupe voisin. Hors aujourd’hui, c’est au contraire contre tout accroissement numérique de l’espèce qu’il faudrait se préoccuper. Ce qui ne signifie pas du tout l’approbation inconditionnée de cet érotisme généralisé, quel qu’en soit le genre, qui sévit de nos jours en réaction contre un rigorisme souvent hypocrite et également néfaste, qu’on ne peut dire avoir totalement pris fin.
Il faut toujours rejeter le débat d’ordre moral, la réprobation d’ordre social (voir encore légaux ), le dilemme éthique.
X: Vous irez donc à la Gay Pride?
Darcy: Malgré toutes mes réticences, et mon refus de la catégorisation, oui....je crois qu’il y a encore à faire avec quelques pas sur un air de Carnaval dans le troupeau un jour par an.