De la quête de ce qui chante en lui...
La première fois que je l’ai vu, je ne l’ai pas trouvé beau. Si je le rencontrais dans un salon virtuel - mais l’ai-je jamais vu dans un salon virtuel- est-ce que je le reconnaîtrais?
Parce que dans un salon virtuel, il faut imaginer, non plus seulement le visage, éclairé de ses yeux ronds, verts, mais aussi l’allure générale, c’est à dire le corps...ce corps si droit, presque sans poids, sans réalité peut être quand il serait assis dans un salon, et pas seulement le corps, mais le corps en mouvement, l’allure cette chose impondérable...
Et de nouveau, je revois son visage, la lèvre inférieure qui à l’air de sourire, ses pommettes qui accrochent la lumière, son front lumineux au dessus des lignes courbes de ses sourcils, ses yeux fermés...mais ses yeux s’ouvrent et tout se brouille...dans la rue... je regarde les garçons, ceux qui ont à peu près sa taille, mais non ce n’est aucun, aucun ne chasse son fantôme... même ceux qui sont jolis. Alors je barbouille, je cherche dans les couleurs de ma mémoire...

Peut-on dire de Bingley ( appelons le bingley) qu’il est joli? Je ne l’avais pas qualifié de tel la 1ère fois. Je l’avais mal regardé. La question n’est pas qu’il soit joli. Il est mieux que joli. Il est autre chose..Voilà ce que j’ai...je retrouve presque les traits derrière la barbouille, mais pas le secret de leur charme...comme un mot qui s’échappe...on sait comment il est fait...à peu près..s’il y a des ‘r’.. . combien de syllabes,..on lui trouve ou des rimes ou des équivalents... mais le vrai mot? le mot qui chante.
Voilà ce que je ne trouve pas le mot qui chante en lui.
Je suis sûr qu’il y a quelque chose qui chante en lui. Quoi? ah dame! Quelque chose qui chante comme son nom. Bingley. Je me souviens avoir sur ce nom en toute innocence rêvé. Je l’avais mal vu alors. Je rêvais sur ce nom sans vraiment penser à lui. Un nom qui fait rêver d’ailleurs. Mais il est au-delà de son nom. Son nom fait rêver à lui. Il a effacé tous les Bingley possibles, il n’y a plus qu’un Bingley possible, plus qu’un Bingley, un seul Bingley, lui...
Je ne retrouve pas ce qui chante en lui, le cœur de son chant.
Avec une inquiétude croissante, je barbouille la toile, je cherche où le chant a son cœur.
Je cherche à me souvenir. Que faut-il se souvenir de lui, avant tout, surtout? Est-ce ce marcheur dont j’ai touché la main, ma main se souvient et se désespère en même temps de ne pas se souvenir sur la toile exactement... Pour la première fois je viens de sentir son absence. Je viens de sentir l’absence de sa main.
Mais est-ce bien là le chant de Bingley. Faut-il pour l’éprouver lui tenir la main, comme n’importe quel homme, ou son charme n’est-il pas ailleurs, dans ses yeux ouverts?
Je rage sur la barbouille, le couteau s’emporte, ses yeux s’ouvrent...
Tout à coup, je retrouve l’émotion de ma main dans sa main, de cette main prisonnière, comme un oiseau qui frémit, et ce n’est pas l’oiseau qui est pris c’est l’oiseleur.
Je frotte la paume de ma main, et m’étonne.
Une tâche de peinture!
Une présence. Une absence. Les deux à la fois.
Une chanson.
29/10/07 - 00:02
Ma falle gli occhi neri !
gil30paris